NAO 2027 : les 4 blocs obligatoires, le calendrier, une méthode en 5 étapes et les leviers pour négocier quand l'inflation dépasse l'enveloppe

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2 %. C'est le budget médian d'augmentation réalisé en 2026. Selon l'enquête NAO de Mercer, c'est le plus bas niveau depuis le Covid.
Pour 2027, les enveloppes remontent un peu : 2,3 % chez Alixio, 2,5 % en première estimation chez Mercer, 3 % chez WTW.
De l'air ? Pas vraiment. En septembre, l'inflation a grimpé à 3,0 % sur un an, portée par l'énergie (Insee, estimation provisoire). C'est déjà plus que la plupart des budgets prévus.
Et vos cadres le sentiront deux fois : 91 % des grandes entreprises ne leur accorderont aucune augmentation générale en 2027, selon Alixio.
La NAO 2027 cumule d'autres contraintes :
Autant dire qu'elle se prépare au plus tôt.
Ce guide vous donne le cadre légal à jour, puis les chiffres qui comptent pour 2027. Il détaille ensuite une méthode à appliquer côté direction.
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Le mot « annuelle » est trompeur. Le Code du travail parle de négociations obligatoires en entreprise. L'employeur doit les engager au moins une fois tous les quatre ans (art. L2242-1).
L'obligation naît dès qu'une section syndicale d'une organisation représentative existe et qu'elle a désigné un délégué syndical. En pratique, cela concerne les entreprises de 50 salariés et plus.
À partir de 300 salariés, deux blocs s'ajoutent : la gestion des emplois et des parcours, et l'emploi des salariés expérimentés.
Et sans délégué syndical ? Il n'y a pas d'obligation de NAO.
Côté direction, l'employeur ou son représentant mène la négociation, souvent le DRH ou le responsable des relations sociales. En face, la délégation de chaque organisation représentative, conduite par ses délégués syndicaux.
Le CSE, lui, ne négocie pas en présence d'un délégué syndical. Il est informé et consulté, notamment via la BDESE.
La loi sanctionne l'absence de négociation, pas l'absence d'accord. Un PV de désaccord bien documenté vous protège, alors qu'une NAO jamais ouverte vous expose aux quatre sanctions suivantes :
Vous avez sans doute appris la NAO en « trois blocs ». Depuis le 26 octobre 2025, il y en a quatre !
On y négocie les salaires effectifs, la durée et l'organisation du temps de travail, ainsi que l'intéressement, la participation et l'épargne salariale.
La PPV s'y discute aussi. Tout comme les mesures qui soutiennent le pouvoir d'achat sans passer par le salaire de base.
Le périmètre est large. Il couvre les écarts de rémunération femmes-hommes, l'équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle et le droit à la déconnexion.
Il inclut aussi l'insertion des travailleurs en situation de handicap et les déplacements domicile-travail. En pratique, c'est là que se négocient la plupart des chantiers QVCT.
Ce bloc va peser plus lourd en 2027. Le projet de loi sur la transparence salariale prévoit qu'un écart de rémunération supérieur à 5 %, non justifié par des critères objectifs, devra être corrigé par accord ou plan d'action.
Il concerne les entreprises de 300 salariés et plus. On y traite donc les parcours professionnels dans leur ensemble : les grandes orientations de la formation, la mobilité interne, le déroulement de carrière des salariés exerçant des responsabilités syndicales…
Rythme par défaut : tous les trois ans.
C'est la vraie nouveauté. La loi n° 2025-989 du 24 octobre 2025 l'impose aux entreprises et groupes d'au moins 300 salariés dotés d'une section syndicale représentative.
La négociation porte sur quatre domaines :
Elle doit être précédée d'un diagnostic (art. L2242-22), dont un décret du 26 décembre 2025 précise le contenu.
Rythme par défaut : tous les trois ans, jusqu'à quatre ans par accord.
La règle de base tient en une ligne : au moins tous les quatre ans.
Un accord de méthode peut fixer un autre rythme, thème par thème (art. L2242-10 et L2242-11). Sans accord, les dispositions supplétives s'appliquent (art. L2242-13) :
Tant que l'accord court, la pénalité liée à l'absence de négociation sur les salaires (art. L2242-7) ne s'applique pas.
Et si vous tardez à ouvrir la négociation ? Une organisation syndicale peut la demander. Vous devez alors convoquer les parties dans les 15 jours.
Côté documents, prévoyez la BDESE, le bilan social, l'index égalité et, au-delà de 300 salariés, le diagnostic sur les salariés expérimentés.
Pour les dates observées selon les secteurs, consultez notre calendrier des NAO.
Fin mars 2026, seules 54 % des entreprises avaient bouclé leurs NAO, contre 84 % un an plus tôt (Mercer). Les cycles s'allongent, et les calendriers improvisés dérapent.
Dans un groupe multi-sites, la question se complique. Qu'est-ce qui se négocie au niveau du groupe, de l'entreprise ou de l'établissement ? Sans cadre écrit, chaque RRH d'établissement avance à son rythme.
L'accord de méthode règle ces points une fois pour plusieurs cycles. Il fixe le nombre de réunions, les informations transmises, le niveau de négociation et la périodicité de chaque bloc.
Au deuxième trimestre 2026, les salaires de base progressaient encore plus vite que les prix. Selon la Dares, ils augmentaient de 2,0 % sur un an, contre 1,7 % pour l'inflation hors tabac.
En septembre, la tendance s'est inversée. La Banque de France anticipe un reflux à 1,9 % en 2027. Mais vos délégués syndicaux négocieront avec le chiffre de l'automne en tête, pas avec une projection.
Les écarts entre secteurs sont nets. Le détail sectoriel se trouve dans notre article sur les tendances NAO.
Selon Alixio, 91 % des grandes entreprises n'accorderont aucune augmentation générale à leurs cadres en 2027. Là où elles existent encore, elles restent symboliques : 0,12 % pour les cadres, 0,68 % pour les non-cadres.
WTW confirme la bascule. Seules 17 % des entreprises ont accordé des augmentations collectives liées à l'inflation en 2026, contre 61 % en 2025. Et 97 % retiennent désormais la performance individuelle comme critère principal.
Le Smic, lui, a été revalorisé de 2,41 % au 1er juin, à 12,31 € brut de l'heure. Vos premiers niveaux de grille se rapprochent mécaniquement du minimum légal.
Le projet de loi a été présenté en Conseil des ministres le 10 septembre 2026. Il est examiné en procédure accélérée, et le gouvernement vise une adoption avant avril 2027.
Ce qu'il prévoit pour vous :
47 % des entreprises anticipaient une rentrée tendue avec les organisations syndicales, contre 35 % en décembre 2025 (Alixio).
Côté salariés, la tension était déjà là avant le rebond des prix. En février 2026, 42 % des salariés décrivaient la situation financière de leur foyer comme tendue, fragile ou critique. Et 39 % estimaient qu'elle s'était dégradée en un an (baromètre Klaro x Ipsos).
Ces chiffres, vos délégués les connaissent. Mieux vaut les avoir en main avant la première séance !
Si vous entrez en réunion sans mandat clair, vous négocierez deux fois : une fois avec les syndicats, une fois avec votre direction financière.
Le cadrage doit trancher trois points :
Les pratiques du marché vous donnent des repères. En 2026, l'augmentation individuelle reste le levier central : 66 % des salariés en ont bénéficié. Les augmentations générales, ciblées sur les non-cadres, plafonnent à 0,35 % en médiane selon Mercer.
Un argument porte souvent devant un Comex : le coût invisible de l'inaction. 64 % des salariés pensent à leurs soucis financiers pendant leur temps de travail (baromètre Klaro x Ipsos, février 2026). Cela se paie en concentration et en engagement, même si ça n'apparaît dans aucune ligne budgétaire.
Les délégués syndicaux arrivent de mieux en mieux préparés. Votre dossier doit l'être au moins autant.
En interne, rassemblez :
Pour 2027, ajoutez trois contrôles :
Nombre de séances, dates, documents transmis et date de remise : tout se fixe lors de la réunion préparatoire.
Si vous visez un rythme pluriannuel, c'est aussi le moment d'ouvrir la discussion sur un accord de méthode.
Traitez un thème par séance, en commençant par les sujets où un accord paraît accessible. Les suivantes seront d’autant plus apaisées.
Rédigez un compte rendu après chaque réunion. Il vous servira de base pour l'accord ou pour le PV de désaccord.
Déposez l'accord ou le PV de désaccord, puis expliquez les mesures aux équipes. Le bilan social individuel (BSI) est un bon support pour rendre visible ce que chacun reçoit réellement.
Face à une enveloppe de 2 à 3 %, chaque euro compte.
Prenons un cadre. Pour lui verser 100 € brut d'augmentation, vous dépensez environ 145 € charges comprises. Lui touche environ 78 € net, avant impôt.
Près du Smic, le calcul n'est pas plus favorable. Chaque euro de salaire en plus réduit les allègements généraux de cotisations. Le coût marginal d'une augmentation peut donc rester proche de celui d'un cadre.
Certains dispositifs - exonérés ou non - complètent l'équation : Prime de partage de la valeur (exonérée jusqu'à 3 000 €, ou 6 000 € avec un accord d'intéressement), titres-restaurant (exonérés jusqu'à 7,32 € par titre), forfait mobilité durables et prime carburant (jusqu'à 600 € par an au total en 2026), plateforme d’accès aux aides non réclamées…
Dans les grandes entreprises, trois dispositifs arrivent en tête (baromètre Klaro x Ipsos, février 2026) :
Ce dernier chiffre surprend souvent. Il s'explique pourtant très bien :
C'est là qu'intervient Klaro. La plateforme permet à vos salariés de découvrir leurs droits parmi 2 500 aides locales et nationales. Un conseiller dédié les accompagne ensuite dans leurs démarches.
Soyons clairs : ce n'est pas une alternative aux augmentations. C'est un complément, qui permet d'arriver en séance avec une mesure concrète sur le pouvoir d'achat quand l'enveloppe ne suffit pas.
Pour être valable, l'accord doit être signé par des organisations ayant recueilli plus de 50 % des suffrages exprimés en faveur des organisations représentatives, au premier tour des dernières élections du CSE.
Entre 30 et 50 %, les organisations signataires ont un mois pour demander une consultation des salariés. Si la majorité approuve l'accord, il est validé. Sinon, il est réputé non écrit (art. L2232-12).
Une fois signé, l'accord est déposé sur TéléAccords, et un exemplaire est remis au greffe du conseil de prud'hommes.
Vous établissez un procès-verbal de désaccord. Il consigne, en leur dernier état, les propositions de chaque partie et les mesures que vous comptez appliquer unilatéralement (art. L2242-5).
Les salariés apprennent souvent le résultat par les tracts syndicaux avant de l'entendre de la direction. Préparez une note simple : ce qui a été décidé, pour qui, à partir de quand.
NAO signifie négociation annuelle obligatoire. C'est la négociation que l'employeur doit engager avec les délégués syndicaux sur des thèmes fixés par le Code du travail (art. L2242-1 et suivants).
Non. Elle ne s'impose que si une organisation syndicale représentative a désigné un délégué syndical dans l'entreprise. Les blocs 3 et 4 ne concernent que les entreprises de 300 salariés et plus.
L'obligation porte sur l'ouverture de la négociation. Conclure un accord n'est pas obligatoire.
La NAO compte quatre blocs :
Le tableau des 4 blocs, plus haut, en résume le détail.
Tout ce qui relève des blocs obligatoires : salaires, primes, temps de travail, épargne salariale, égalité professionnelle, conditions de travail.
Le détail des revendications possibles se trouve dans notre article “ Que demander lors d'une NAO ? “.
Elle se prépare en amont : un cadre légal maîtrisé, des chiffres solides et un mandat clair du Comex.
En 2027, ce travail compte double. Avec une inflation à 3 % et des enveloppes souvent inférieures, la ligne « salaires » ne suffira pas à répondre aux attentes. L'arbitrage se jouera aussi hors masse salariale, sur ce que chaque euro rapporte réellement à vos salariés.
Ce que vous mettez sur la table pèse bien au-delà de l'accord signé. Cela nourrit la fidélisation de vos salariés et votre marque employeur pour les mois qui suivent.
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