2026-10-12

NAO 2027 : les tendances par secteur et les budgets d'augmentation attendus

Transparence salariale, tendances par secteur : ce que les DRH doivent anticiper pour les NAO 2027.

L’essentiel à  retenir
  • Des budgets 2027 entre 2,3 % et 3 % : 2,3 % chez Alixio (budget moyen), 2,5 % chez Mercer et 3 % chez WTW (médianes).
  • L’inflation repasse devant : 3 % sur un an en septembre 2026 (Insee), soit plus que le budget moyen des grandes entreprises.
  • Des salariés sous tension financière : 42 % des foyers de salariés vivent une situation tendue, fragile ou critique (baromètre Klaro x Ipsos 2026).
  • De forts écarts entre secteurs : de 3 % dans les technologies à 1,7 % dans l’industrie (Alixio), avec des minima de branche rattrapés par le SMIC.

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Les budgets d'augmentation 2027 se situent entre 2,3 % (Alixio, budget moyen) et 3 % (WTW, médiane), Mercer anticipant une médiane de 2,5 %. Des enveloppes en hausse. Sur le papier, la négociation s'annonce plus simple que l'an dernier.

Sauf que le 30 septembre, l'Insee a publié une inflation à 3 % sur un an. Le budget moyen des grandes entreprises passe sous la hausse des prix, une première depuis la vague de 2022-2023.

Ce n'est pas le seul changement. Les augmentations générales disparaissent pour les cadres. L'individualisation devient la norme. Et la transparence salariale, avec un projet de loi déposé au Sénat le 10 septembre, vous obligera bientôt à justifier chaque écart.

Au programme : les budgets 2027 enquête par enquête, ce qui pèse sur la négociation, les tendances de quatre secteurs, ce qui se discute hors salaire, puis trois arbitrages concrets pour répartir une enveloppe de 2 à 3 %.

Budgets d'augmentation 2027 : ce que disent les enquêtes

Quatre enquêtes publiées entre juillet et septembre 2026 donnent une tendance claire. Les budgets remontent légèrement. Mais elles ne mesurent pas toutes la même chose.

Enquête Réalisé 2026 Prévu 2027 Indicateur Panel
Alixio (15/09/2026) 1,9 % hors promotion 2,3 % Budget moyen ~100 DRH, majoritairement CAC 40 et SBF 120
Mercer (juillet 2026) 2 % 2,5 % Médiane 277 entreprises, dont 45 % cotées
WTW (août 2026) 3 % 3 % Médiane 798 entreprises en France
Michael Page (17/09/2026) 1,5 à 2 % 2 à 2,5 % Moyenne Non précisé

Pourquoi 2,3 % et 3 % ne se contredisent pas

Une moyenne et une médiane ne racontent pas la même histoire. La moyenne se laisse tirer vers le bas par quelques entreprises qui gèlent. La médiane, elle, coupe le panel en deux et ignore les extrêmes.

Le panel change aussi tout. Alixio interroge surtout de très grandes entreprises. WTW couvre près de 800 entreprises de toutes tailles.

Regardez d'ailleurs 2026. WTW mesure 3 % de réalisé, Mercer 2 %. Un point d'écart sur la même année, avec deux médianes. Aucune des deux n'a tort : elles ne photographient pas les mêmes entreprises.

En séance, le chiffre le plus défendable reste celui qui concerne de plus près votre secteur et votre taille d'entreprise.

AG, AI, promotion : la répartition bascule

Le budget global bouge peu. Sa ventilation, beaucoup plus. Les chiffres d'Alixio pour les cadres montrent trois mouvements nets :

  • L'augmentation générale est figée à 0,12 % en 2026 comme en 2027. Autrement dit, elle a quasiment disparu, et 91 % des entreprises n'en prévoient aucune pour leurs cadres.
  • L'augmentation individuelle progresse de 1,64 % à 1,93 %. Plus d'un tiers des entreprises dépasseront même 2 % d'AI pour leurs cadres.
  • Le budget promotion explose, de 0,13 % à 0,88 %. Un signe de repositionnement des emplois, dans la perspective de la transparence salariale.

Pour les non-cadres, l'AG tient à 0,68 %, et l'AI passe de 1,13 % à 1,31 %. Attention à un piège de calcul : additionner AG et AI ne redonne pas le budget global publié. Les deux chiffres ne portent pas sur le même périmètre.

Côté WTW, le constat va dans le même sens. En 2026, seules 17 % des entreprises ont versé des augmentations collectives liées à l'inflation, contre 61 % en 2025. La performance individuelle devient le premier critère pour 97 % d'entre elles. Si vous n'avez pas encore revu vos règles de politique de rémunération, c'est le moment.

Un mot sur nos voisins, enfin. Selon WTW, la France reste en retrait avec 3 %, contre 3,2 % en Allemagne, 3,3 % en Belgique et 3,5 % au Royaume-Uni et aux Pays-Bas.

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Ce qui pèse sur les NAO 2027

Cinq facteurs vont peser sur vos séances cet automne.

L'inflation repasse devant

L'Insee mesure 3 % d’inflation sur un an en septembre 2026, porté par l'énergie et les produits frais. La Banque de France prévoit pourtant un retour à 1,9 % en 2027. Toute la négociation se jouera entre ces deux chiffres : l'inflation qu'on vient de subir, et celle qui se profile.

Le SMIC tasse les grilles

Revalorisé de 2,41 % au 1er juin, il atteint 12,31 € de l'heure. Plus de 3,6 % de hausse en six mois. Résultat : plusieurs minima de branche sont repassés dessous. Et avec une inflation à 3 %, une nouvelle revalorisation automatique en cours d'année n'a rien d'improbable.

La transparence salariale se concrétise

Le projet de loi de transposition a été présenté en Conseil des ministres le 10 septembre, puis déposé au Sénat. Fourchettes de salaire dans les offres, droit d'information des salariés sous deux mois, reporting à sept indicateurs à partir de 2028.

Au-delà de 5 % d'écart non justifié, des mesures correctives deviennent obligatoires.

Les entreprises n'ont pas attendu. 55 % prévoient un budget de rattrapage femmes-hommes pour 2027 (Alixio), et 25 % un budget spécifique pour corriger les écarts injustifiés en général (WTW). Deux chiffres différents, qui ne mesurent pas la même chose.

L'IA entre dans la discussion

Selon Alixio, 63 % des entreprises y voient un gain de productivité. 15 % anticipent des suppressions de postes en 2027, contre 12 % en 2026. Des questions sur l'IA et l'emploi arriveront légitimement sur la table.

Le climat social se durcit

47 % des entreprises anticipaient une rentrée tendue, contre 35 % en décembre 2025 (Alixio). Le bilan 2026 le laissait présager : 17 % des NAO se sont soldées par un PV de désaccord selon Mercer. Les élections présidentielles d'avril 2027 ajoutent à cela des incertitudes. Pour prendre la température avant la première séance, voyez notre article sur le climat social en entreprise.

Derrière ces chiffres macro, il y a le quotidien de vos salariés. D'après le baromètre Klaro x Ipsos 2026, 42 % des foyers de salariés vivent une situation financière tendue, fragile ou critique. Et 39 % estiment qu'elle s'est dégradée en un an.

Tendances NAO 2027 par secteur

Les moyennes nationales masquent des écarts importants. Selon votre branche, 2027 peut ressembler à une année de rattrapage ou à une année de gel. Voici le panorama, puis quatre zooms sur les secteurs où la négociation de branche change la donne.

Secteur Tendance 2027 Point de vigilance Source
Services 3,1 % Seul secteur au-dessus de 3 % chez WTW WTW, août 2026
Technologies 3 % Budget le plus élevé du panel Alixio Alixio
Énergies 2,8 % Secteur exposé à la hausse des prix de l'énergie Alixio
Métallurgie et transports 2,6 % Minima de branche rattrapés par le SMIC Alixio
Commerce-distribution 1,8 % Budget inférieur à l'inflation Alixio
Industrie 1,7 % Budget le plus bas du panel Alixio
Sécurité privée Aucun accord de branche Premier coefficient à moins de 17 € du SMIC 83-629.fr

Chez WTW, tous les autres secteurs affichent 3 %. Les écarts se resserrent, alors qu'Alixio montre plus d'un point entre l'industrie et les technologies.

Métallurgie : les minima de branche à la traîne

Les entreprises du secteur prévoient 2,6 % pour 2027 (Alixio). La branche, elle, avance beaucoup plus lentement. L'accord UIMM signé début 2026 n'a revalorisé les salaires minimaux hiérarchiques que de 0,86 %.

Depuis la hausse du SMIC de juin, deux coefficients sont passés dessous. Une nouvelle négociation de branche s'est ouverte le 8 septembre. Si vous employez des salariés sur les premières positions de la grille, votre NAO d'entreprise devra corriger ce décalage, quel que soit le résultat de la branche.

Transport routier : trois ans de gel et une rentrée sous tension

Après trois années sans revalorisation conventionnelle, la branche du transport routier de marchandises a rouvert ses négociations salariales. L'Union TLF propose 2,4 % sur les grilles, la FNTR et l'OTRE 2,9 %, à compter de janvier 2027. Les cinq syndicats présents ont jugé ces propositions insuffisantes. Le problème de fond ? En avril, le premier coefficient ne dépassait le salaire minimum que de 7 centimes, à 12,09 € de l'heure. Avec un SMIC à 12,31 € depuis juin, il est désormais en dessous.

Sécurité privée : aucun accord ne couvre 2027

L'accord triennal a pris fin au 1er janvier 2026, et aucun texte de branche ne fixe encore de minima pour 2027. La négociation est attendue d'ici la fin de l'année.

Côté syndical, la plateforme commune réclame 10 % d'augmentation générale des salaires conventionnels et une revalorisation des majorations de nuit, de dimanche et de jours fériés. La marge est mince : le coefficient d'entrée, à 1 883,85 €, ne dépasse le SMIC mensuel de 1 867,02 € que de quelques euros.

Un détail change tout pour votre budget : le délai d'extension. Le dernier avenant, signé le 3 septembre 2025, n'a été étendu que fin mai 2026, pour une application au 1er juillet. Une hausse négociée fin 2026 pourrait donc ne s'imposer qu'en cours d'année 2027.

Banque-assurance : 2027 se joue d'abord en entreprise

La branche AFB négocie au printemps. Son dernier accord, appliqué au 1er avril 2026, s'est limité à 1,1 % sur les minima, avec un salaire minimum des cadres de plus de 50 ans porté à 36 500 € bruts. FO a refusé de signer.

Pour 2027, la branche ne reviendra donc pas à la table avant plusieurs mois. Les vraies décisions se prennent maintenant, dans les NAO d'entreprise du quatrième trimestre.

Au-delà du salaire : ce qui se négocie en 2027

Les enquêtes de budget n'en parlent pas, mais ces sujets occuperont une bonne partie de vos séances. Pour anticiper les demandes point par point, voyez notre guide « NAO : que demander ? ».

Thème Ce que demandent les syndicats Ce que proposent les directions Coût employeur
Partage de la valeur PPV, hausse de l'intéressement Prime ponctuelle, révision de l'accord d'intéressement Non pérenne, exonéré de cotisations dans certaines limites
Temps de travail Jours de télétravail, indemnité, semaine de 4 jours Retour partiel sur site, congés supplémentaires Faible à modéré
Salariés expérimentés Aménagement de fin de carrière, temps partiel Mentorat, transmission des compétences Variable selon les mesures
QVCT et santé mentale Charge de travail, droit à la déconnexion Plan de prévention, indicateurs de suivi Modéré
Pouvoir d'achat hors salaire Titres-restaurant, mutuelle, transports Périphériques de rémunération, accompagnement Souvent faible, parfois exonéré

Le partage de la valeur arrive en tête. Et ce n'est pas une intuition. Dans le baromètre Klaro x Ipsos 2026, 62 % des salariés de grandes entreprises placent l'intéressement parmi les trois avantages qui les intéressent le plus. Devant les garanties santé renforcées, citées par 54 % d'entre eux.

Côté PPV, l'exonération de cotisations reste plafonnée à 3 000 € par salarié et par an, 6 000 € avec un accord d'intéressement. Une précision : au-delà de 50 salariés, la prime reste soumise à la CSG-CRDS et à l'impôt sur le revenu.

Les salariés expérimentés deviennent un thème obligatoire. Depuis la loi du 24 octobre 2025, les entreprises de 300 salariés et plus doivent négocier sur leur emploi et leurs conditions de travail. Si c'est votre première NAO avec ce bloc, préparez un état des lieux chiffré de votre pyramide des âges. Le détail des obligations est dans notre article sur la NAO en entreprise.

Le temps de travail et la santé mentale reviennent chaque année, avec plus d'insistance. Charge de travail, déconnexion, risques psychosociaux : ces sujets coûtent peu à ouvrir, beaucoup à ignorer.

Enfin, parmi les autres dispositifs à activer : titres-restaurant, forfait mobilités, mutuelle. C’est ce que l’on peut appeler les périphériques de rémunération, qui deviennent une stratégie à part entière.

Répartir une enveloppe de 2 à 3 % : trois arbitrages

Avec un budget contraint, la différence pourra se faire ailleurs.

Arbitrage 1 : augmentation générale ou individuelle ?

La tendance est nette : l'AG disparaît quasiment pour les cadres et le budget se concentre sur la performance, ce qui peut fragiliser la cohésion collective. Quand une partie de l'équipe termine l'année à zéro, le sentiment d'injustice monte vite. Un compromis fonctionne toutefois : réserver une part de l'enveloppe à un budget d'équité ciblé, sur les écarts que vous ne savez pas justifier.

Arbitrage 2 : les dispositifs exonérés

Posons le calcul, en ordres de grandeur hors allègements généraux. Pour un salarié non-cadre, 100 € bruts d'augmentation coûtent environ 142 € à l'employeur, pour environ 78 € nets avant impôt.

Les mêmes 100 € versés en prime de partage de la valeur coûtent 100 € à l'entreprise. Le salarié touche environ 90 € après CSG-CRDS. En intéressement placé sur un plan d'épargne salariale, il échappe même à l'impôt.

L'écart est réel. Mais une prime ne se reconduit pas d'elle-même, et elle n’ouvre aucun droit à la retraite ni aux indemnités, contrairement au salaire. Le bon dosage : une augmentation pérenne et un dispositif exonéré pour marquer l'effort de l'année.

Arbitrage 3 : au-delà de l’enveloppe, les droits non réclamés

Selon le baromètre Klaro x Ipsos 2026, 38 % des salariés pensent passer à côté d'une partie ou de la totalité des aides auxquelles ils ont droit. Et 55 % des salariés concernés ont déjà abandonné une démarche, découragés par sa complexité.

Pendant ce temps, 64 % pensent à leurs finances pendant leurs heures de travail.

Faciliter l'accès à ces droits ne remplace en aucun cas une augmentation. En revanche, c'est un engagement complémentaire que la direction peut annoncer en séance.

Une plateforme comme Klaro recense plus de 2 500 aides nationales et locales, avec un conseiller dédié pour accompagner chaque salarié dans ses démarches. Vos propres avantages (mutuelle, prévoyance, accords d'entreprise) y sont intégrés, pour leur offrir un point de vue global sur leurs droits.

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En résumé

Les budgets 2027 restent dans une fourchette étroite, entre 2 et 3 %. Ce qui change, c'est tout le reste : une inflation qui repasse devant, des augmentations de plus en plus individuelles, et une transparence salariale qui obligera bientôt à justifier chaque écart.

Dans ce contexte, la différence ne se fera pas sur le pourcentage affiché. Elle se fera sur la répartition de l'enveloppe et sur les leviers que vous mettrez à côté.

FAQ

Quelle augmentation de salaire prévoir pour les NAO 2027 ?

Entre 2,3 % et 3 % selon les enquêtes. Alixio annonce un budget moyen de 2,3 % dans les grandes entreprises, Mercer une médiane de 2,5 %, WTW une médiane de 3 %. L'essentiel ira aux augmentations individuelles : pour les cadres, l'augmentation générale est quasiment nulle.

Quel est le bilan des NAO 2026 ?

Un cru serré. Alixio mesure 1,9 % réalisé hors promotion, Mercer une médiane de 2 %, son plus bas niveau depuis 2021. Les négociations ont aussi été plus difficiles : 17 % se sont soldées par un PV de désaccord, et seules 54 % des entreprises avaient bouclé fin mars, contre 84 % un an plus tôt (Mercer).

Quelle inflation attendre en 2027 ?

La Banque de France prévoit 1,9 % en 2027, selon ses projections du 15 septembre 2026. Mais l'inflation atteignait déjà 3 % sur un an en septembre (Insee, estimation provisoire). Et même si elle ralentit, le SMIC reste indexé : vos grilles continueront d'être poussées par le bas.

Une NAO 2027 peut-elle se conclure sans augmentation générale ?

Oui, si la négociation a été menée loyalement. L’employeur doit négocier de bonne foi, mais n’est pas tenu d’accorder une augmentation générale. 91 % des grandes entreprises n’en prévoient aucune pour leurs cadres en 2027 (Alixio). La négociation porte alors sur d’autres mesures : augmentations individuelles, partage de la valeur, leviers hors salaire.

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